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En Iran la radicalisation continue

Entre temps en Iran le régime se radicalise.

Un membre de la Ligue de défense des droits de l’homme en Iran présidée par Mme Chirine Ebadi a été arrêté.
Un journal, Hamshahri, publié par le maire de Téhéran, probable futur candidat à la présidentielle, a reçu un avertissement pour avoir interviewé un chanteur iranien en exil.

Il ne reste pratiquement plus de journaux pour que les candidats opposés à la politique de Ahmadinejad puissent utiliser pour leur campagne.

On attend toujours l’annonce officielle de la candidature de l’ayatollah Khatami pour les prochaines élections.

Depuis l’annonce officielle de l’arrestation de Hossein Derakhshan, le fameux bloggeur iranien, aucune autre nouvelle sur son état.

Bref en ces périodes d’incertitude quant à la politique avenir des Etats Unis dans la région et profitant de l’attention portée par les médias sur le conflit israélo-palestinien et surtout voyant que son ennemi l’Israël est entrain de passé du statut de victime au bourreau dans l’opinion international, le régime iranien profite pour museler encore plus les voix opposées à sa politique actuelle.

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Entretien Chirine Ebadi

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Traduction d’un entretien donné par Mme Chirine Ebadi, lauréate du prix Nobel de la paix en 2003 publié sur le site d’information en langue persane Asre no.

Contexte :

Entretien avec Mme Chirine Ebadi

Le 2 janvier dernier, devant la demeure de Mme Ebadi des manifestants, les bassijis (faction radicale instrumentalisée par le parti au pouvoir en Iran) étaient réunis et scandaient des slogans contre elle. « Ebadi soutient les criminels (Israël) ». Ils ont arrachés sa plaque d’avocate collée sur le mur de sa demeure et l’ont piétinée. Ils y ont écrit des slogans contre elle. Elle est accusée de complaisance envers la politique israélienne à Gaza.


Question : Mme Ebadi, quel est à votre avis la raison de ces actions contre vous ?

CHIRINE EBADI : C’est aux personnes qui pratiquent ces actions qu’il faut poser la question.


Question : Lors de votre allocution de prix Nobel vous avez publiquement déploré les massacres que subit la population palestinienne. Mais les Bassijis qui ont attaqué votre maison vous accuse de connivence avec Israël, pourquoi ?

CHIRINE EBADI : Oui, j’ai dans cette même allocution critiqué la prison de Guantanamo. J’ai été une des premières à faire ça. L’opposition iranienne m’avait critiqué en me reprochant d’avoir privilégié une injustice internationale aux injustices perpétuées en Iran. J’ai toujours soutenu la lutte palestienne pour son auto-determination. Ce soutien est visible dans le dernier communiqué publié par le Centre des défenseurs des droits de l’homme (CDDH) (ONG présidé par Mme Ebadi qui vient d’être fermée par les autorités). Ce communiqué peut être lu sur Internet.

Donc, ceux qui m’accusent de collaborer avec les Etats Unis et Israël savent que leur action est déraisonnable et j’ai des preuves qui contredisent leur allégation. Ils connaissent ma position sur le sujet. Mais ils sont instrumentalisés et on leur a demandé de crier ces slogans contre moi. Ils m’ont aussi accusée d’être la porte parole de l’ennemie. La question est de savoir à qui profite ces actions menées contre moi. La réponse doit être donnée par ceux qui les ordonnent.


Question : Pourquoi certaines personnes ne reconnaissent-elles pas vos maintes critiques envers la politique américaine en Irak et en Afghanistan et la conduite des israéliens envers les palestinien ? Ne sont-elles pas informées ou elles font semblant de ne pas l’être ?

CHIRINE EBADI : Un proverbe dit « On peut réveiller celui qui dort mais on ne peut pas réveiller celui qui fait semblant de dormir ». Ceux qui m’accusent de connivence avec les Etats Unis et Israël font semblant de dormir.


Question : Qu’est ce qui les pousse à agir de telle manière ?

CHIRINE EBADI : Pourquoi font-ils semblant de dormir et pourquoi ont-ils peur qui les empêchent de se réveiller c’est à eux de donner la réponse.


Question : Certains disent que la raison de ces pressions est de vous pousser à immigrer, qu’en pensez-vous ?

CHIRINE EBADI : Je peux juste vous dire que je quitterai l’Iran sous aucune contrainte. Je suis une iranienne qui doit vivre et travailler en Iran.


Question : Vous pensez jusqu’où peuvent aller ces pressions ?

CHIRINE EBADI : Cela dépend de l’ambiance global de la société. Si la société civile est calme le gouvernement n’a aucune raison de faire pression sur moi. J’ai toujours agi dans le cadre de la loi et le peuple en est témoin. Donc je ne conseillerai jamais aux jeunes de venir manifester dans la rue, de scander des slogans et d’être violents. Ces actes pousseront le gouvernement à les réprimer violemment. Les expériences passées nous ont appris qu’on n’obtient rien par la violence.


Question : Mais Mme Ebadi, vous avez agi dans le cadre de la loi cela ne les a pas empêché d’agir violemment contre vous.

CHIRINE EBADI : J’agirai toujours dans le cadre de mes droits civiques. C’est le message que je porte

La violence ne résout rien. Ceux qui dans les années 81 et 82 (référence à lutte violente menée par les partis de gauche contre le gouvernement de l’époque qui s’est soldée par des milliers d’exécutions) ont proclamé la lutte armée, n’ont rien obtenu. La victoire est dans la non-violence.


Question : depuis deux jours ils courent des rumeurs sur votre arrestation, qu’en pensez-vous ?

CHIRINE EBADI : Tout ce que j’ai fait ces 30 ans (depuis le début de la république islamique) je l’ai fait dans le cadre de la loi. S’ils veulent m’arrêter et agir contre la loi c’est à eux de voir.


Question : On dirait que vos opposants par ces actions veulent vous transmettre un message, vous savez quel est ce message ?

CHIRINE EBADI : Les défenseurs des Droits de l’Homme sont sans arrêt sous pression dans le monde car ils militent pour leur application et c’est justement les Etats qui les en empêchent. Donc il n’y a pas qu’en Iran qu’existent ces pressions. Elles sont exercées pour les dissuader d’agir.


Question : Vous croyez qu’ils veulent vous empêcher de parler ?

CHIRINE EBADI : Je n’ai pas de réponse à cela je ne suis pas dans leur tête.


Question : Avez-vous contacté les autorités judiciaires du pays pour les informer des pressions que vous subissez ?

CHIRINE EBADI : Oui les autorités sont au courant et je les informerai toujours.


Question : Le président Ahmadinejad a demandé que vous soit accordé une sécurité policière, mais vous avez refusé, pourquoi ?

CHIRINE EBADI : Mon but est de défendre toute la société et m’accorder une protection policière ne résoudra pas la question. La société entière doit se sentir en sécurité pour pouvoir vivre en paix. Je suis désolée d’avoir dû demander jeudi dernier à la police de venir chez moi et sous leurs yeux les manifestants ont détruit ma plaque et peint des slogans sur mon mur. La police n’est pas intervenue. Ma question est : les manifestations de ce genre ont-elles besoin d’autorisation judiciaire ou non ? Alors si c’est non et que la police ne les a pas contrés, alors, pourquoi dès que les femmes manifestent pour demander des droits contre les discriminations subissent-elle une opposition violente. Et si ce genre de manifestation a besoin d’une autorisation alors pourquoi la police n’est pas intervenue contre ceux qui ont manifesté des violences ? Et si cette manifestation a été autorisée quelle autorité leur a délivré cette autorisation ? C’est une question juridique que je pose devant le peuple.


Question : Jusqu’à quand supporteriez vous ces actes illégales ?

CHIRINE EBADI : jusqu’au dernier souffle.


es explications ne sont venues que beaucoup plus tard. Dimanche après-midi 21 décembre, des dizaines de policiers et d’agents en civil ont fait irruption au Centre des défenseurs des droits de l’homme (CDDH), une ONG créée, en 2002 à Téhéran, par le prix Nobel de la paix Shirin Ebadi et cinq autres avocats iraniens qui défendent depuis des années, gratuitement, les prisonniers politiques.

Près de 300 invités étaient attendus dans les locaux pour la remise d’un prix à un militant des droits de l’homme. La police a fait évacuer, apposant des scellés plombés sur l’entrée. Dans la soirée, les autorités judiciaires ont justifié cette fermeture en accusant le centre de de se livrer à des « activités illégales », ainsi que l’a précisé l’agence de presse Mehr.

Shirin Ebadi, qui n’était pas présente lors de l’intervention policière, a condamné cette action, annonçant que le centre portera plainte. Le prix Nobel de la paix tiendra également une conférence de presse mardi.

PRESSION CONSTANTE

Pourquoi cette brusque fermeture d’un Centre qui publie régulièrement des rapports sur la situation en Iran ? « Parce que dans le contexte actuel de répression, il est devenu la seule voie de recours pour protester contre les arrestations et toutes les exactions », nous a confié, à Paris, Karim Lahidji, avocat proche de Shirin Ebadi et président de la Ligue de défense des droits de l’homme en Iran (LDDHI). « L’Iran, ajoute-t-il, a atteint un record d’exécutions, pratiquement une par jour, y compris des mineurs et des simples d’esprit. Les minorités (notamment les Bahais dont les chefs sont détenus depuis dix mois), les étudiants, les politiciens indépendants : personne n’y échappe. Toute tentative d’ouverture est réprimée : la campagne de récolte de signatures des femmes pour l’égalité a conduit à la condamnation de quarante-deux d’entre elles. Des dizaines de journaux ont été fermés. Et ce pourquoi ? Parce qu’ils dénonçaient une crise économique qui a fait des millions de nécessiteux et la progression de l’usage de la drogue qui frapperait 20 % de la population. Mais la pauvreté et la drogue ce sont aussi des atteintes aux droits de l’homme. »

Shirin Ebadi est sous pression constante depuis des mois, selon ses proches. Outre les coups de téléphone anonymes de menaces, à plusieurs reprises le ministère des renseignements lui aurait demandé avec insistance de fermer les bureaux du CDDEH. Ce qui aurait précipité l’intervention policière, estime M. Lahidji, serait la dénonciation en règle de la situation des droits de l’homme en Iran effectuée devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le 18 décembre. La dénonciation était fondée sur un rapport du secrétaire général, Ban ki-moon, qui lui même reprenait des rapports fournis par le centre de Shirin Ebadi.

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Merci Israël

Merci, tu as fait le jeu des intégristes. Les fondamentalistes de tous bords se frottent les mains. Notre souhait d’une coexistence pacifique des toutes les religions au Moyen Orient est devenu de plus en plus improbable. Combiens de générations aura-t-on besoin pour effacer la haine qui s’amplifie. Et merci aux dirigeants des pays occidentaux qui mettent de l’huile sur le feu en prenant position et en refusant toute négociation en diabolisant l’adversaire.
Certains analystes disent que cette opération, planifiée de longue date, est une stratégie d’Ehud Barak pour contrer la popularité grandissante de Netanyahou et le battre lors des élections législatives du 10 février prochain. Que ce soit au prix des victimes innocentes (aussi bien palestiniennes qu’israéliennes) là n’est pas la question.
Le Hamas va sortir vainqueur de cette opération. Le Fatah et Mahmoud Abbas vont disparaître.
Israël et l’Occident vont devoir dialoguer avec le Hamas car ils n’auront plus aucune alternative.
Je vous invite, sur le même sujet, à lire le très bon article de Domminique Eddé, écrivaine franco-libanaise, paru dans le Monde (bien que le titre de cet article est excessif et ne reflète pas le contenu).

Entre temps en Iran, un journal modéré, Kargozaran, a été fermé car il a osé écrire que le Hamas cache des armes dans des mosquées ou des habitations.
Chirine Ebadi est mal mené car on lui reproche de ne pas assez critiquer le bombardement de Gaza.
Des groupes fondamentalistes demandent la mort de Hosni Mobarak.
L’étau se ressère sur les hommes de paix.  Les intégristes se frottent les mains. Merci encore Israël.

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la manipulation médiatique

Je voulais pousser ma gueulante sur la manipulation médiatique dont actuellement nous sommes victime.
Cette manipulation est encore plus évidente quand elle touche mon pays. C’est fou à quel point en juste quelques mois l’Iran est devenu le grand méchant loup. Le pays est devenu celui qui menace la terre entière (l’Occident a tendance à se prendre pour la conscience du monde entier). Quand je voyage dans mon pays et quand j’y emmène des étrangers ils sont sidérés de voir la différence entre leur expérience et la vision dont l’occident a peint. Et quand ces derniers reviennent et raconte leur vécu on ne les croit pas.

Jamais dans l’histoire de l’humanité nous avions tant de canaux de diffusion de l’information : TV, radio, Internet, presse. Mais pourquoi alors cette manipulation est possible :
1/ cet accès facile à l’information donne l’impression de savoir ce qui se passe autour de nous mais cette connaissance reste superficielle car traitée, pour la plupart du temps, d’une manière superficielle. Nous n’avons plus le temps d’approfondir une information car justement à force d’être sollicité de tout part, comme une abeille, nous passons d’une information à l’autre.
2/ les sociétés occidentales sont de plus en plus des sociétés de spectacles et donc agissent sur les émotions plus que sur l’intelligence ou sur la raison. Comment se fait il alors que les européens se font berner par des hommes politiques avec des discours de plus en plus populistes qui proposent des solutions faciles à des problèmes complexes.

Je me rappelle à la veille de la première guerre du golfe quand les occidentaux s’offusquèrent des agissements d’un dictateur qu’ils avaient eux-mêmes créés et armés des discussions que j’ai eu en France avec des personnes que je pensais sensées et avec un minimum de raisons qui prétendaient être dans le camp des « justes ». Ceux ci prétendaient que l’Irak était la quatrième armée du monde en sachant qu’il venait de sortir d’une guerre meurtrière de huit ans avec l’Iran. Pourtant Saddam Hussein avait fait la guerre contre mon pays et son armée avait tué des centaines de milliers de jeunes. Mais je savais qu’encore une fois c’était le pauvre peuple irakien qui allait souffrir.

En parlant de cette guerre meurtrière de 8 ans il me vient à l’esprit une anecdote intéressante :
au cours de cette guerre, nous envoyions nos soldats souffrants des attaques chimiques de l’armée de Saddam en occident pour montrer au monde entier que l’Irak utilisait des armes non conventionnelles mais aucun journaliste n’en fît mention car l’Iran faisait peur avec son ayatollah et sa révolution islamique. Les médias commencèrent à en parler uniquement quand l’armée irakienne utilisa ces armes contre les kurdes de Halabcha.Comment voulez vous alors, que le gouvernement actuel de l’Iran fasse confiance à l’occident quand celui prétend « l’aider » dans la maîtrise du circuit d’enrichissement de l’uranium pour son utilisation civile.
Je ne défends pas du tout le régime actuel en Iran car il emprisonnent des étudiants, ferment des journaux et musèlent la presse, filtre les sites Internet, combat les mouvements féministes,…
Je veux juste vous démontrer que le monde n’est pas noir et blanc et que les journalistes sont aussi manipulés, des fois à leur dépend et donc nous diffuse des informations erronés sur le monde.

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