En Iran la radicalisation continue

Entre temps en Iran le régime se radicalise.

Un membre de la Ligue de défense des droits de l’homme en Iran présidée par Mme Chirine Ebadi a été arrêté.
Un journal, Hamshahri, publié par le maire de Téhéran, probable futur candidat à la présidentielle, a reçu un avertissement pour avoir interviewé un chanteur iranien en exil.

Il ne reste pratiquement plus de journaux pour que les candidats opposés à la politique de Ahmadinejad puissent utiliser pour leur campagne.

On attend toujours l’annonce officielle de la candidature de l’ayatollah Khatami pour les prochaines élections.

Depuis l’annonce officielle de l’arrestation de Hossein Derakhshan, le fameux bloggeur iranien, aucune autre nouvelle sur son état.

Bref en ces périodes d’incertitude quant à la politique avenir des Etats Unis dans la région et profitant de l’attention portée par les médias sur le conflit israélo-palestinien et surtout voyant que son ennemi l’Israël est entrain de passé du statut de victime au bourreau dans l’opinion international, le régime iranien profite pour museler encore plus les voix opposées à sa politique actuelle.

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L’histoire n’a pas commencé par les roquettes Qassam

Hier en lisant Haaretz en ligne, un article d’Amira Hass a attiré mon attention. C’est une journaliste qui connait bien les territoires occupés et la bande de Gaza car elle y a vécu des années. J’ai donc traduit cet article en français :

L’histoire n’a pas commencé par les roquettes Qassam

L’histoire n’a pas commencé par les roquettes Qassam. Mais pour nous, les Israéliens, histoire commence toujours quand les Palestiniens nous blessent, et alors la douleur est sortie du contexte. Nous pensons que si nous causons aux Palestiniens une douleur beaucoup plus grande, ils apprendront finalement leur leçon. Certains nomment cela « l’accomplissement. »

Néanmoins, la « leçon » demeure abstraite pour la plupart des Israéliens. Les médias israéliens produisent une information biaisée. Elle est superficielle, et ne s’étend pas sur nos « accomplissements » : les enfants massacrés et les corps se décomposant sous les ruines, le blessé condamné à la mort parce que nos soldats ont tiré sur l’ambulancier, les petites filles dont les jambes sont amputées dues aux blessures horribles causées par divers types d’armements, les pères désolés versant les larmes amères, des quartiers résidentiels qui ont été effacés, les brûlures terribles provoquées par le phosphore blanc – les dizaines de milliers de personnes qui ont été expulsées de leurs maisons, et sont encore expulsées à ce moment même, condamné à des zones de plus en plus restreintes où ils sont soumis à des bombardements incessants.

Depuis que l’autorité palestinienne a été établie, l’appareil israélienne de relations publiques a exagéré le danger de la menace militaire que les Palestiniens constituent. Quand ils passent des pierres aux fusils et des cocktails Molotov aux attentas-suicides, des bombes posées au bord de la route au Qassams et des Qassams aux roquettes russes, et d’OLP à Hamas, nous avons dit victorieusement, « nous vous avions prévenu. Ils sont des antisémites. »
Et donc, nous avons le droit de les anéantir.

Nous avons trouvé une excuse pour faire le carnage – les mots appropriés pour le décrire ne se trouve pas dans mon dictionnaire – était l’isolement étape-par-étape de la bande de Gaza. Nous avons transformé les gazaouites en objets abstraits, sans nom et adresse, à l’exception des adresses de sa population armée, sans histoire, à l’exception des dates définies par les services de sécurité du Shin Bet.

Le siège de Gaza n’a pas commencé quand le Hamas a saisi la commande des organes de la sécurité de la bande, ou quand Gilad Shalit a été pris en captif, ou quand le Hamas a été élu au cours d’élections démocratiques. Le siège a commencé en 1991 – avant les attentats-suicide. Et depuis lors, il est seulement devenu plus sophistiqué, atteignant son apogée en 2005.

L’appareil israéliennes de relations publiques ont présenté le retrait comme la fin de l’occupation, ce qui ne reflète pas la réalité des faits. L’isolement et la fermeture ont été présentés en tant que nécessités militaires. Mais nous sommes de grands garçons et filles, et nous savons que « les nécessités militaires » sont des mensonges dans un but précis. Le but de l’Israël est de contrecarrer la solution de deux-état, que le monde avait attendu à ce que cela se matérialise une fois la guerre froide finie en 1990. Ce n’était pas une solution parfaite, mais les Palestiniens étaient d’accord.

Gaza n’est pas une puissance militaire qui a attaqué son voisin minuscule et pacifique, Israël. Gaza est un territoire que l’Israël a occupé en 1967, avec la Cisjordanie. Ses résidants font partie de palestiniens, qui ont perdu leur terre et leur patrie en 1948.

En 1993, l’Israël a eu une occasion en or de prouver au monde que ce que disent des personnes sur nous est faux – que nous ne sommes par nature un état colonialiste. Que l’expulsion d’une nation de sa terre, l’expulsion des personnes de leur maison et le vol de la terre palestinienne pour les juifs ne sont pas la base et l’essence de son existence.

Dans les années 90, l’Israël a eu une chance de montrer que 1948 n’est pas son paradigme. Mais il a manqué cette occasion. Au lieu de cela, il a simplement perfectionné ses techniques pour voler la terre et expulser des personnes de leurs maisons, et a maintenu les Palestiniens dans des enclaves. Et maintenant, pendant ces jours sombres, l’Israël montre que 1948 continu toujours.

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Gaza, où sont passés les intellectuels

En lisant Le Monde d’auourd’hui je trouve cet article sonne très juste dans ce conflit :

Gaza : la trahison des clercs, par Mezri Haddad
LE MONDE | 12.01.09 | 13h28  •  Mis à jour le 12.01.09 | 13h28

Bien plus que le spectacle tragique des enfants déchiquetés et des familles décimées, c’est le mutisme, en France, des archanges de la liberté et des droits de l’homme qui est incompréhensible et insupportable.

On les a vus se mobiliser pour les Tchétchènes ou pour les Bosniaques – ce qui est bien louable -, mais pourquoi se taisent-ils sur le massacre quotidien de populations civiles palestiniennes ? Pourquoi ne dénoncent-ils pas, avec la même ardeur humaniste et la même prise de conscience, les actes criminels de l’armée israélienne à Gaza ?

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Les centaines morts, pour la plupart des civils, et les milliers de blessés sont-ils des êtres inférieurs ou n’appartiennent-ils pas à cette humanité si chère aux universalistes, pour que la campagne de punition collective dont ils sont victimes aujourd’hui soit traitée avec autant d’indifférence ? Et, plus graves que l’omerta, les propos scandaleux de certains pharisiens qui établissent une responsabilité symétrique des coupables et des victimes, de ceux qui tuent et de ceux qui décèdent par centaines.

Celui qui pose ces questions n’est pas un prosélyte des causes intégristes, ni un zélote de l’activisme terroriste, ni un ignoble consommateur du poison antisémite.

Contre ces trois nécroses mortelles qui rongent certains de mes coreligionnaires et qui sont si contraires à l’islam, je me suis battu en prenant des risques. Chaque fois que les circonstances l’ont exigé, je n’ai pas hésité à blâmer les miens, au nom de ce que je prenais pour des valeurs universelles, au nom d’une coexistence pacifique entre Israéliens et Palestiniens, au nom d’une fraternisation entre juifs et musulmans. J’ai dénoncé l’imposture démocratique qui a hissé le Hamas à la tête de Gaza. Je craignais pour le déjà agonisant processus de paix, je redoutais le choc des civilisations, j’appréhendais le totalitarisme théocratique que devaient subir les habitants de Gaza en les isolant du reste du monde.

Le Hamas n’a pas eu le temps de transformer Gaza en enfer. Israël et l’Egypte, avec la complicité active des Etats-Unis, ont précipité ce funeste destin. Durant deux longues années, comme les Irakiens avant la chute de Saddam Hussein, 1,5 million de Palestiniens ont été mis en quarantaine. Gaza est devenue une « prison à ciel ouvert », reconnaissait Stéphane Hessel.

Aucune chance n’a été donnée aux dirigeants du Hamas de négocier avec l' »ennemi » qui les avait jadis et naguère soutenus contre le Fatah, à l’instar de l’administration américaine dans son appui à Ben Laden contre l’URSS ! A l’époque, les stratèges d’Israël et les « terroristes » du Hamas s’entendaient si bien pour isoler Yasser Arafat, l’humilier et le dépouiller de tous les attributs du pouvoir ! Les attentats-suicides du Hamas avaient payé. Israël a ainsi renforcé la légitimité martyrologique du Hamas en brisant la légitimité historique d’Arafat, double fiasco qui a conduit à l’apothéose électorale de l’organisation islamiste. Et Israël a continué avec l’héritier sans héritage qu’est devenu Mahmoud Abbas.

L’unique compromis qu’Israël, sous l’insistance de l’Egypte, a fini par concéder, c’est la signature d’une trêve de six mois avec le Hamas, en contrepartie d’une levée bien contrôlée du blocus. Même à dose homéopathique, l’étau de ce blocus n’a jamais été desserré. Beaucoup moins pour alléger le calvaire des Gazaouis que pour entretenir leur image de protecteurs de la veuve et de l’orphelin et de résistants inflexibles à « l’entité sioniste », les maximalistes du Hamas ont fini par commettre l’irréparable : la rupture de la trêve le 18 décembre.

Est-ce une raison suffisante pour Israël de se lancer dans cette impitoyable guerre punitive à l’encontre de toute une population prise en otage par ses propres dirigeants ? On sait ce que vaut la vie d’un homme ou d’un enfant dans l’idéologie sacrificielle du Hamas. Mais comment les dirigeants israéliens peuvent-ils considérer la vie de ces enfants avec le même dédain ?

Selon Montesquieu, « le droit des gens est naturellement fondé sur ce principe que les diverses nations doivent se faire, dans la paix, le plus de bien, et, dans la guerre, le moins de mal qu’il est possible ». En temps de paix, Israël a imposé à la population de Gaza un blocus cruel et inhumain ; en temps de guerre, la puissante armée de ce pays n’hésite pas à tuer cinquante civils pour atteindre un combattant du Hamas. Autrement dit, éliminer les combattants du Hamas pour ce qu’ils font, et tuer les habitants de Gaza pour ce qu’ils sont. Est-ce cela, l’équité et la moralité ?

N’en déplaise à André Glucksmann, il y a bien eu disproportion entre l’erreur commise et le châtiment infligé. Aligner une armada militaire des plus sophistiquées et massacrer en douze jours plus de sept cents Palestiniens parce que le Hamas a lancé quelques roquettes bricolées qui ont fait quatre blessés et quelques dégâts matériels, cela s’appelle bien disproportion et démesure. L’hybris (démesure) est fille de Némésis (vengeance), et « la démesure, en mûrissant, produit le fruit de l’erreur et la moisson qui en lève n’est faite que de larmes », écrivait Eschyle.

Rien ne peut justifier un tel déchaînement qui ne laisse derrière lui que ruines, désolation, haine et candidats aux suicides. Ni les raisons bassement électoralistes en Israël ni les manoeuvres vaguement tactiques pour tester la discontinuité éventuelle ou la continuité probable de la future administration américaine dans sa gestion du conflit israélo-palestinien. Quant à la légende du petit David contre le méchant Goliath, elle est désuète et anachronique. Car même si plusieurs innocents civils ont été atteints par les abominable attentats-suicides, il y a bien longtemps que la sécurité d’Israël n’est plus menacée. Et pour cause, en termes de puissance militaire et de dissuasion nucléaire, Israël peut rayer de la carte qui il veut et quand il veut.

Ce n’est pas aimer Israël que de lui « souffleter l’imprudent patriotisme », comme disait Zola. Aimer Israël, c’est, à l’instar d’Hannah Arendt hier, de Tzvetan Todorov, de Gideon Levy et de tant d’intellectuels israéliens aujourd’hui, lui « dire la vérité, même si ça coûte. Surtout si ça coûte », comme disait Hubert Beuve-Méry, fondateur et directeur du Monde.

Aimer cet Etat né après l’innommable Holocauste, c’est le mettre en garde de l’ivresse de la puissance et de l’impunité. « Israël a toujours gagné les guerres et perdu les paix », disait l’illustre Raymond Aron. Il ne s’est pas trompé : avec celui qui lui a assuré tant de guerres, Itzhak Rabin, Israël a failli gagner la paix. On l’a assassiné et avec sa disparition, l’espoir d’une paix durable s’est évaporé. Mais tôt ou tard, lorsque les armes vont se taire et que cessera de couler le sang des Palestiniens, avec ou contre la volonté de Dieu, le destin du peuple hébreu croisera à nouveau la volonté d’un prophète.


Mezri Haddad est écrivain et philosophe tunisien.

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Entretien Chirine Ebadi

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Traduction d’un entretien donné par Mme Chirine Ebadi, lauréate du prix Nobel de la paix en 2003 publié sur le site d’information en langue persane Asre no.

Contexte :

Entretien avec Mme Chirine Ebadi

Le 2 janvier dernier, devant la demeure de Mme Ebadi des manifestants, les bassijis (faction radicale instrumentalisée par le parti au pouvoir en Iran) étaient réunis et scandaient des slogans contre elle. « Ebadi soutient les criminels (Israël) ». Ils ont arrachés sa plaque d’avocate collée sur le mur de sa demeure et l’ont piétinée. Ils y ont écrit des slogans contre elle. Elle est accusée de complaisance envers la politique israélienne à Gaza.


Question : Mme Ebadi, quel est à votre avis la raison de ces actions contre vous ?

CHIRINE EBADI : C’est aux personnes qui pratiquent ces actions qu’il faut poser la question.


Question : Lors de votre allocution de prix Nobel vous avez publiquement déploré les massacres que subit la population palestinienne. Mais les Bassijis qui ont attaqué votre maison vous accuse de connivence avec Israël, pourquoi ?

CHIRINE EBADI : Oui, j’ai dans cette même allocution critiqué la prison de Guantanamo. J’ai été une des premières à faire ça. L’opposition iranienne m’avait critiqué en me reprochant d’avoir privilégié une injustice internationale aux injustices perpétuées en Iran. J’ai toujours soutenu la lutte palestienne pour son auto-determination. Ce soutien est visible dans le dernier communiqué publié par le Centre des défenseurs des droits de l’homme (CDDH) (ONG présidé par Mme Ebadi qui vient d’être fermée par les autorités). Ce communiqué peut être lu sur Internet.

Donc, ceux qui m’accusent de collaborer avec les Etats Unis et Israël savent que leur action est déraisonnable et j’ai des preuves qui contredisent leur allégation. Ils connaissent ma position sur le sujet. Mais ils sont instrumentalisés et on leur a demandé de crier ces slogans contre moi. Ils m’ont aussi accusée d’être la porte parole de l’ennemie. La question est de savoir à qui profite ces actions menées contre moi. La réponse doit être donnée par ceux qui les ordonnent.


Question : Pourquoi certaines personnes ne reconnaissent-elles pas vos maintes critiques envers la politique américaine en Irak et en Afghanistan et la conduite des israéliens envers les palestinien ? Ne sont-elles pas informées ou elles font semblant de ne pas l’être ?

CHIRINE EBADI : Un proverbe dit « On peut réveiller celui qui dort mais on ne peut pas réveiller celui qui fait semblant de dormir ». Ceux qui m’accusent de connivence avec les Etats Unis et Israël font semblant de dormir.


Question : Qu’est ce qui les pousse à agir de telle manière ?

CHIRINE EBADI : Pourquoi font-ils semblant de dormir et pourquoi ont-ils peur qui les empêchent de se réveiller c’est à eux de donner la réponse.


Question : Certains disent que la raison de ces pressions est de vous pousser à immigrer, qu’en pensez-vous ?

CHIRINE EBADI : Je peux juste vous dire que je quitterai l’Iran sous aucune contrainte. Je suis une iranienne qui doit vivre et travailler en Iran.


Question : Vous pensez jusqu’où peuvent aller ces pressions ?

CHIRINE EBADI : Cela dépend de l’ambiance global de la société. Si la société civile est calme le gouvernement n’a aucune raison de faire pression sur moi. J’ai toujours agi dans le cadre de la loi et le peuple en est témoin. Donc je ne conseillerai jamais aux jeunes de venir manifester dans la rue, de scander des slogans et d’être violents. Ces actes pousseront le gouvernement à les réprimer violemment. Les expériences passées nous ont appris qu’on n’obtient rien par la violence.


Question : Mais Mme Ebadi, vous avez agi dans le cadre de la loi cela ne les a pas empêché d’agir violemment contre vous.

CHIRINE EBADI : J’agirai toujours dans le cadre de mes droits civiques. C’est le message que je porte

La violence ne résout rien. Ceux qui dans les années 81 et 82 (référence à lutte violente menée par les partis de gauche contre le gouvernement de l’époque qui s’est soldée par des milliers d’exécutions) ont proclamé la lutte armée, n’ont rien obtenu. La victoire est dans la non-violence.


Question : depuis deux jours ils courent des rumeurs sur votre arrestation, qu’en pensez-vous ?

CHIRINE EBADI : Tout ce que j’ai fait ces 30 ans (depuis le début de la république islamique) je l’ai fait dans le cadre de la loi. S’ils veulent m’arrêter et agir contre la loi c’est à eux de voir.


Question : On dirait que vos opposants par ces actions veulent vous transmettre un message, vous savez quel est ce message ?

CHIRINE EBADI : Les défenseurs des Droits de l’Homme sont sans arrêt sous pression dans le monde car ils militent pour leur application et c’est justement les Etats qui les en empêchent. Donc il n’y a pas qu’en Iran qu’existent ces pressions. Elles sont exercées pour les dissuader d’agir.


Question : Vous croyez qu’ils veulent vous empêcher de parler ?

CHIRINE EBADI : Je n’ai pas de réponse à cela je ne suis pas dans leur tête.


Question : Avez-vous contacté les autorités judiciaires du pays pour les informer des pressions que vous subissez ?

CHIRINE EBADI : Oui les autorités sont au courant et je les informerai toujours.


Question : Le président Ahmadinejad a demandé que vous soit accordé une sécurité policière, mais vous avez refusé, pourquoi ?

CHIRINE EBADI : Mon but est de défendre toute la société et m’accorder une protection policière ne résoudra pas la question. La société entière doit se sentir en sécurité pour pouvoir vivre en paix. Je suis désolée d’avoir dû demander jeudi dernier à la police de venir chez moi et sous leurs yeux les manifestants ont détruit ma plaque et peint des slogans sur mon mur. La police n’est pas intervenue. Ma question est : les manifestations de ce genre ont-elles besoin d’autorisation judiciaire ou non ? Alors si c’est non et que la police ne les a pas contrés, alors, pourquoi dès que les femmes manifestent pour demander des droits contre les discriminations subissent-elle une opposition violente. Et si ce genre de manifestation a besoin d’une autorisation alors pourquoi la police n’est pas intervenue contre ceux qui ont manifesté des violences ? Et si cette manifestation a été autorisée quelle autorité leur a délivré cette autorisation ? C’est une question juridique que je pose devant le peuple.


Question : Jusqu’à quand supporteriez vous ces actes illégales ?

CHIRINE EBADI : jusqu’au dernier souffle.


es explications ne sont venues que beaucoup plus tard. Dimanche après-midi 21 décembre, des dizaines de policiers et d’agents en civil ont fait irruption au Centre des défenseurs des droits de l’homme (CDDH), une ONG créée, en 2002 à Téhéran, par le prix Nobel de la paix Shirin Ebadi et cinq autres avocats iraniens qui défendent depuis des années, gratuitement, les prisonniers politiques.

Près de 300 invités étaient attendus dans les locaux pour la remise d’un prix à un militant des droits de l’homme. La police a fait évacuer, apposant des scellés plombés sur l’entrée. Dans la soirée, les autorités judiciaires ont justifié cette fermeture en accusant le centre de de se livrer à des « activités illégales », ainsi que l’a précisé l’agence de presse Mehr.

Shirin Ebadi, qui n’était pas présente lors de l’intervention policière, a condamné cette action, annonçant que le centre portera plainte. Le prix Nobel de la paix tiendra également une conférence de presse mardi.

PRESSION CONSTANTE

Pourquoi cette brusque fermeture d’un Centre qui publie régulièrement des rapports sur la situation en Iran ? « Parce que dans le contexte actuel de répression, il est devenu la seule voie de recours pour protester contre les arrestations et toutes les exactions », nous a confié, à Paris, Karim Lahidji, avocat proche de Shirin Ebadi et président de la Ligue de défense des droits de l’homme en Iran (LDDHI). « L’Iran, ajoute-t-il, a atteint un record d’exécutions, pratiquement une par jour, y compris des mineurs et des simples d’esprit. Les minorités (notamment les Bahais dont les chefs sont détenus depuis dix mois), les étudiants, les politiciens indépendants : personne n’y échappe. Toute tentative d’ouverture est réprimée : la campagne de récolte de signatures des femmes pour l’égalité a conduit à la condamnation de quarante-deux d’entre elles. Des dizaines de journaux ont été fermés. Et ce pourquoi ? Parce qu’ils dénonçaient une crise économique qui a fait des millions de nécessiteux et la progression de l’usage de la drogue qui frapperait 20 % de la population. Mais la pauvreté et la drogue ce sont aussi des atteintes aux droits de l’homme. »

Shirin Ebadi est sous pression constante depuis des mois, selon ses proches. Outre les coups de téléphone anonymes de menaces, à plusieurs reprises le ministère des renseignements lui aurait demandé avec insistance de fermer les bureaux du CDDEH. Ce qui aurait précipité l’intervention policière, estime M. Lahidji, serait la dénonciation en règle de la situation des droits de l’homme en Iran effectuée devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le 18 décembre. La dénonciation était fondée sur un rapport du secrétaire général, Ban ki-moon, qui lui même reprenait des rapports fournis par le centre de Shirin Ebadi.

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Merci Israël

Merci, tu as fait le jeu des intégristes. Les fondamentalistes de tous bords se frottent les mains. Notre souhait d’une coexistence pacifique des toutes les religions au Moyen Orient est devenu de plus en plus improbable. Combiens de générations aura-t-on besoin pour effacer la haine qui s’amplifie. Et merci aux dirigeants des pays occidentaux qui mettent de l’huile sur le feu en prenant position et en refusant toute négociation en diabolisant l’adversaire.
Certains analystes disent que cette opération, planifiée de longue date, est une stratégie d’Ehud Barak pour contrer la popularité grandissante de Netanyahou et le battre lors des élections législatives du 10 février prochain. Que ce soit au prix des victimes innocentes (aussi bien palestiniennes qu’israéliennes) là n’est pas la question.
Le Hamas va sortir vainqueur de cette opération. Le Fatah et Mahmoud Abbas vont disparaître.
Israël et l’Occident vont devoir dialoguer avec le Hamas car ils n’auront plus aucune alternative.
Je vous invite, sur le même sujet, à lire le très bon article de Domminique Eddé, écrivaine franco-libanaise, paru dans le Monde (bien que le titre de cet article est excessif et ne reflète pas le contenu).

Entre temps en Iran, un journal modéré, Kargozaran, a été fermé car il a osé écrire que le Hamas cache des armes dans des mosquées ou des habitations.
Chirine Ebadi est mal mené car on lui reproche de ne pas assez critiquer le bombardement de Gaza.
Des groupes fondamentalistes demandent la mort de Hosni Mobarak.
L’étau se ressère sur les hommes de paix.  Les intégristes se frottent les mains. Merci encore Israël.

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Où se trouve Hossein Derakhshan ? – 2

je vous parlais de hossein derakhshan dans un ancien post. En effet un porte parole du ministère de la justice iranienne a dit que le père du blog iranien serait détendu par la court révolutionnaire pour insulte à un personnage religieux sans apporter plus de détail. Cela fait presque deux moi qu’on est sans nouvelle de Hossein Derakhshan. C’est la première fois qu’un officiel admet sa mise en détention.

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La nausée

Aujourd’hui j’ai de la nausée en voyant des Palestiniens se faire massacrer sous les yeux de la communauté internationale sans que personne n’intervienne. Pire les officiels américains dénoncent uniquement les tires du Hamas. En d’autre terme la vie d’un Palestinien vaut moins que la vie d’un Israélien. J’admets que les membres du Hamas ne sont pas des enfants de cœur mais cette organisation est populaire à cause justement des exactions commises par le Tsahal sans qu’aucune condamnation n’ait été prononcée contre lui.
Il y eu des élections demandées par les pays Occidentaux et le Hamas est sorti vainqueur. N’importe quel démocrate se doit de reconnaître la volonté d’un peuple de faire élire les membres d’un parti. Sommes-nous meilleur juge qu’eux ?

Pendant des années la bande de Gaza a connu un blocus inhumain sans qu’aucune voix ne vienne dénoncer cette tragédie qui touchait un peuple punis de ne pas avoir élu le bon parti.

Le « bon parti » était bien sûr celui du Fatah, fer de lance de la résistance palestinienne mais celui ci est englué dans la corruption. Les Européens et Américains auraient dû dès le départ reconnaître la victoire du Hamas. Cette reconnaissance les aurait rendu plus pragmatique et seraient devenus plus modérés.

Mais j’ai l’impression que le monde entier gagne dans ce conflit larvé au Moyen Orient :

– Les pays vendeur d’armes y voient leur compte en faisant leur business sur le dos des pauvres victimes.

– Israël se pose encore en victime des « sauvages arabes » entouré d’état anti-démocratique  tout en gardant son système politique militarisé et gardant le flou sur son identité ou comment un pays réservé à une religion puisse se revendiquer démocratique.

– Les pays Arabes de la région s’accommodent du conflit en pointant le doigt sur les exactions de l’armée israélienne sur les frères palestiniens tout en menant une politique dictatorial sur leur peuple.

– Les factions intégristes profitent de cette situation en dénonçant les israéliens, les occidentaux et les pays arabes qui leur sont inféodés et deviennent de plus en populaires rendant la paix plus improbable.

Les habitants de cette région du globe terrestre, où a vu naître plusieurs civilisations, vont encore payé des années avec leur sang, l’arrogance des crocs morts et des profiteurs.

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